Metropolis Ensemble Spring Concert 2008

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NOTES

Maurice Ravel: Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé

on the program

Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé

Piano Concerto

Five Images from Sappho

Sports et Divertissements

 

meet the performers

Kiera Duffy

Anna Polonsky

Mike Daisey

Meet all the performers...

 

meet the composers

Ryan Francis

Maurice Ravel

Esa-Pekka Salonen

Erik Satie

David Bruce

 

meet the director

Andrew Cyr

I. Soupir

Mon âme vers ton front où rêve, ô calme sœur,
un automne jonché de taches de rousseur,
et vers le ciel errant de ton œil angélique
monte, comme dans un jardin mélancolique,
fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’azur!
Vers l’azur attendri d’octobre pâle et pur
qui mire aux grands bassins sa langueur infinie
et laisse, sur l’eau morte où la fauve agonie
des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
se traîner le soleil jaune d’un long rayon.

II. Placet futile

Princesse! à jalouser le destin d’une Hébé
qui poind sur cette tasse au baiser de vos lèvres,
j’use mes feux mais n’ai rang discret que d’abbé
et ne figurerai même nu sur le Sèvres.

Comme je ne suis pas ton bichon embarbé,
ni la pastille, ni du rouge, ni jeux mièvres
et que sur moi je sais ton regard clos tombé,
blonde dont les coiffeurs divins sont des orfèvres!

Nommez-nous… toi de qui tant de ris framboisés
se joignent en troupeaux d’agneaux apprivoisés
chez tous broutant les vœux et bêlant aux délires,

nommez-nous… pour qu’Amour ailé d’un éventail
m’y peigne flûte aux doigts endormant ce bercail,
Princesse, nommez-nous berger de vos sourires.

III. Surgi de la croupe et du bond

Surgi de la croupe et du bond
d'une verrerie éphémère
sans fleurir la veillée amère
le col ignoré s’interrompt.

Je crois bien que deux bouches n’ont
bu, ni son amant ni ma mère,
jamais à la même chimère
moi, sylphe de ce froid plafond!

Le pur vase d’aucun breuvage
que l’inexhaustible veuvage
agonise mais ne consent,

naïf baiser des plus funèbres!
A rien expirer annonçant
une rose dans les ténèbres.

I. Sigh

My soul rises toward your brow where, O peaceful sister,
a dappled autumn dreams,
and toward the roving sky of your angelic eye,
as in a melancholy garden, faithful,
a white plume of water sights toward heaven’s blue!
Toward the compassionate blue of pale and pure October
that onto vast pools mirrors infinite indolence
and, over a swampwhere the dark death of leaves
floats in the wind and digs a cold furrow
letting the yellow sun draw out a long ray.

II. Futile petition

Princess! envious of the youthful Hebe
rising up on this cup at the touch of your lips,
I spend my ardor, but have only the low rank of abbot
and shall never appear even naked on the Sèvres.

Since I’m not your whiskered lap-dog,
nor candy, nor rouge, nor sentimental pose,
and since I know your glance on me is blind,
O blonde, whose divine hairdessers are goldsmiths!

Appoint us – you in whose laughter so many berries
join a flock of tame lambs
nibbling every vow and bleating with joy,

appoint us – so that Eros winged with a fan will paint me upon it, a flute in my fingers to lull those sheep,
Princess, appoint us shepherd of your smiles.

III. Rise from Haunch and Spurt

Risen from haunch and spurt
of ephemeral glassware
without causing the bitter eve to bloom,
the ignored neck is stopped.

I, sylph of this cold ceiling,
do not believe that two mouths –
neither my mother’s nor her lover’s –
ever drank from the same mad fancy.

The pure vase empty of fluid
which tireless widowhood
slowly kills but does not consent to,

innocent but funereal kiss!
To expire to nought announcing
a rose in the darkness.

Translation by Ned Rorem